Passage auto-entrepreneur à société (SASU/EURL) — quand et comment migrer
Dépassement de seuils, protection du patrimoine, fiscalité : découvrez quand et comment passer d'auto-entrepreneur à SASU ou EURL sans perdre vos clients.
\n## Pourquoi envisager le passage en société ?\n\nLe statut d'auto-entrepreneur (micro-entreprise) est idéal pour démarrer, mais il atteint vite ses limites quand l'activité se développe. Charges non déductibles, plafonds de chiffre d'affaires, absence de protection du patrimoine personnel : autant de signaux qui doivent vous alerter. En 2026, avec la facturation électronique obligatoire et les nouvelles exigences DGFiP, c'est aussi le bon moment pour professionnaliser votre structure.\n\n## Les signaux qu'il est temps de changer\n\n### 1. Vous approchez des seuils de chiffre d'affaires\n\nLes plafonds de la micro-entreprise en 2026 sont :\n\n| Activité | Seuil standard | Seuil majoré (tolérance 1 an) |\n|---|---|---|\n| Vente de marchandises, hébergement | 188 700 € | 254 000 € |\n| Prestations de services (BIC) | 77 700 € | 101 000 € |\n| Professions libérales (BNC) | 77 700 € | 101 000 € |\n\nSi vous dépassez le seuil majoré deux années consécutives, vous basculez automatiquement au régime réel. Mieux vaut anticiper ce passage plutôt que le subir.\n\n### 2. Vos charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire\n\nEn micro-entreprise, vos charges sont calculées forfaitairement (34 % pour les BNC, 50 % pour les BIC services, 71 % pour la vente). Si vos charges réelles (loyer, matériel, sous-traitance, déplacements) dépassent ces taux, vous payez trop d'impôts.\n\n### 3. Vous avez besoin de crédibilité\n\nCertains clients grands comptes ou appels d'offres publics exigent une société (SASU, EURL, SAS, SARL). Le statut de micro-entreprise peut être perçu comme un frein.\n\n### 4. Vous souhaitez protéger votre patrimoine personnel\n\nEn micro-entreprise, la séparation entre patrimoine personnel et professionnel est limitée (malgré la loi du 14 février 2022 sur le statut unique). En SASU ou EURL, votre responsabilité est limitée au montant de vos apports.\n\n### 5. Vous envisagez de recruter ou de vous associer\n\nLa micro-entreprise ne permet pas d'embaucher facilement ni de s'associer. Le passage en société ouvre ces possibilités.\n\n## Comparatif : auto-entrepreneur vs EURL vs SASU\n\n| Critère | Auto-entrepreneur | EURL | SASU |\n|---|---|---|---|\n| Plafond CA | 77 700 / 188 700 € | Illimité | Illimité |\n| Charges déductibles | Non (abattement forfaitaire) | Oui (réel) | Oui (réel) |\n| Régime fiscal | IR (micro) | IR ou IS au choix | IS (IR possible 5 ans) |\n| Cotisations sociales | ~22 % du CA | ~45 % de la rémunération (TNS) | ~65-80 % de la rémunération (assimilé salarié) |\n| Protection sociale | Minimale | TNS (SSI) | Assimilé salarié (régime général) |\n| Responsabilité | Patrimoine personnel exposé | Limitée aux apports | Limitée aux apports |\n| TVA | Franchise possible | Collecte et déduit | Collecte et déduit |\n| Dividendes | Non applicable | Possibles (soumis à cotisations au-delà de 10 % du capital) | Possibles (flat tax 30 %) |\n| Comptabilité | Ultra simplifiée | Comptabilité complète | Comptabilité complète |\n\n### EURL ou SASU : comment choisir ?\n\n- EURL : privilégiez ce statut si vous souhaitez minimiser les cotisations sociales et que vous vous rémunérez principalement en salaire. Le statut TNS coûte moins cher en charges mais offre une couverture sociale inférieure.\n- SASU : privilégiez ce statut si vous souhaitez une meilleure protection sociale (régime général), si vous prévoyez de vous verser des dividendes (flat tax à 30 % sans cotisations SSI supplémentaires), ou si vous envisagez de lever des fonds.\n\n## Les étapes de la migration\n\n### Étape 1 : Créer la nouvelle société\n\n- Rédiger les statuts (EURL ou SASU)\n- Déposer le capital social (1 € minimum, mais 500 à 2 000 € recommandés pour la crédibilité)\n- Publier une annonce légale (~150 à 250 €)\n- Immatriculer la société au guichet unique de l'INPI\n- Ouvrir un compte bancaire professionnel\n\nDélai moyen : 2 à 4 semaines.\n\n### Étape 2 : Cesser l'activité de micro-entreprise\n\n- Déclarer la cessation sur le guichet unique (formalites.entreprises.gouv.fr)\n- Effectuer la dernière déclaration de chiffre d'affaires\n- Payer les dernières cotisations sociales\n\nAttention : ne cessez pas votre micro-entreprise avant que la société soit opérationnelle, sinon vous risquez une interruption d'activité.\n\n### Étape 3 : Transférer vos clients et contrats\n\n- Informer vos clients du changement de structure (nouveau SIRET, nouvelles coordonnées de facturation)\n- Mettre à jour vos conditions générales de vente\n- Modifier vos modèles de factures avec les nouvelles mentions légales\n- Transférer les contrats en cours (avenant ou nouveau contrat selon les cas)\n\n### Étape 4 : Adapter votre facturation\n\nVotre nouvelle société a un numéro SIRET différent, un numéro de TVA intracommunautaire, et potentiellement un nouveau RCS. Toutes les mentions légales de vos factures doivent être mises à jour :\n\n- Dénomination sociale et forme juridique\n- Numéro SIRET / SIREN\n- Numéro RCS et ville du greffe\n- Capital social\n- Numéro de TVA intracommunautaire\n- Adresse du siège social\n\n### Étape 5 : Anticiper la facturation électronique 2026\n\nDepuis 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques. L'obligation d'émission s'étend progressivement. Profitez du changement de statut pour adopter un outil conforme dès le départ.\n\n## Les coûts à prévoir\n\n| Poste | Montant estimé |\n|---|---|\n| Rédaction des statuts (en ligne) | 0 à 200 € |\n| Rédaction des statuts (avocat/expert-comptable) | 500 à 1 500 € |\n| Annonce légale | 150 à 250 € |\n| Immatriculation (greffe) | ~60 € (SASU/EURL) |\n| Compte bancaire professionnel | 10 à 30 €/mois |\n| Expert-comptable (annuel) | 1 200 à 3 600 € |\n| Total première année | ~2 000 à 5 500 € |\n\n## Les erreurs à éviter\n\n- Cesser la micro-entreprise trop tôt : attendez que votre société soit immatriculée et opérationnelle\n- Oublier de mettre à jour les factures : une facture émise avec les anciennes mentions est non conforme\n- Négliger la comptabilité : en société, la comptabilité est obligatoire et doit être tenue rigoureusement\n- Choisir la mauvaise forme juridique : prenez le temps de comparer EURL et SASU avec un expert-comptable selon votre situation personnelle\n- Sous-estimer les cotisations sociales : en SASU, les charges patronales sur le salaire du dirigeant sont élevées (~80 % du net)\n- Ignorer la TVA : en société, vous collectez et déduisez la TVA. Préparez-vous à ce changement si vous étiez en franchise de TVA\n\n## Questions fréquentes\n\nPeut-on garder le même numéro SIRET en passant en société ? Non. La création d'une société génère un nouveau SIREN et un nouveau SIRET. Vous devez informer tous vos clients et fournisseurs du changement.\n\nFaut-il obligatoirement un expert-comptable en SASU ou EURL ? Ce n'est pas légalement obligatoire, mais c'est très fortement recommandé. La comptabilité d'une société est complexe (bilan, compte de résultat, liasse fiscale) et les erreurs peuvent coûter cher.\n\nPeut-on revenir en micro-entreprise après être passé en société ? Oui, techniquement. Vous pouvez dissoudre la société et recréer une micro-entreprise. Mais c'est un processus long et coûteux. Mieux vaut prendre la bonne décision dès le départ.\n\nFimorax peut-il m'aider dans cette transition ? Fimorax permet de mettre à jour en quelques clics vos mentions légales, vos modèles de factures et vos coordonnées. Le logiciel s'adapte aussi bien à la micro-entreprise qu'à la SASU ou l'EURL, avec gestion de la TVA et conformité DGFiP intégrées.\n